Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Abdelmadjid Merdaci réaffirme que l'indépendance de l'Algérie a eu lieu le 03 et non le 05 juillet 1962, ainsi commença la falsification de notre histoire.

Publié par The Algerian Speaker sur 30 Juin 2014, 10:41am

Catégories : #HISTOIRE (KAN YA MAKAN FI KADIM AZAMANE

Abdelmadjid Merdaci réaffirme que l'indépendance de l'Algérie a eu lieu le 03 et non le 05 juillet 1962, ainsi commença la falsification de notre histoire.

Diplômé en histoire, docteur d'Etat en sociologie, Abdelmadjid Merdaci*, professeur à l'Université Mentouri de Constantine, conteste la date de l'indépendance de l'Algérie fixée au 5 juillet. Il explique pourquoi Ahmed Ben Bella a souhaité en changer le jour.

vous êtes publiquement exprimé pour dire que l'indépendance de l'Algérie devrait être célébrée le 3 juillet, non le 5. Pourquoi ?

Le 3 juillet 1962, le gouvernement français prenait acte des résultats du référendum sur l’indépendance et le général de Gaulle, dans un message solennel adressé au président de l’Exécutif provisoire de l’État algérien (instance prévue par les accords d’Evian) reconnaissait officiellement la souveraineté et l’indépendance de l’Algérie. Ce même jour, les autorités françaises procédaient au transfert des pouvoirs de souveraineté à ce même exécutif et désignaient Jean-Marcel Jeanneney en qualité d’ambassadeur auprès de l’État algérien. Cette reconnaissance formelle de l’indépendance algérienne devait être consacrée ce 3 juillet par les messages des dirigeants de la grande majorité des États membres des Nations-unies. Sur le strict plan historique, ce fait ne peut être contesté : l’Algérie est devenue un État souverain et indépendant à la date du 3 juillet 1962.

Qui a décidé de ce décalage et pour quelle raison ?

C’est le gouvernement de Ahmed Ben Bella qui inscrit en 1963 la journée du 5 juillet comme celle de l’indépendance de l’Algérie au motif de la charge symbolique attachée à la prise d’Alger le 5 juillet 1830. Il convient de préciser que ce jour est celui de la reddition du Dey Hussein, représentant de la Régence ottomane, aux autorités militaires françaises qui déclaraient aussi Alger ville ouverte.

La chute de la Régence à Alger est-il un évènement qui informe la mémoire algérienne ?

Assurément pas et à bien y regarder, derrière la convocation du symbole se réalise une opération politique d’abord liée à la guerre d’indépendance et à sa conclusion. Ahmed Ben Bella et ses alliés, qui avaient exprimé des réserves sur les accords d’Evian, engageaient ainsi l’exclusion de la reconnaissance officielle et partant de la mémoire collective, ceux qui, notamment au sein du GPRA, avaient eu la lourde charge de la conduite de la guerre et des négociations.

Que devient donc l'Algérie entre le 3 et le 5 juillet 1962 ?

L’Algérie bégaie très vite son histoire et la décision politique d’effacer le 3 juillet. Rappelons que la journée du 19 mars 1962 fut elle aussi occultée avant d'être réhabilitée en 1984, a placé le pays dans une situation ubuesque de non-droit. Puisque si l’on s’en tient à la date du 5 juillet comme celle de l’indépendance, l’Algérie devient un objet politique et constitutionnel sous vide juridique les 3 et 4 juillet ! Mais finalement, le 1er novembre pourrait aussi être considéré comme une fête nationale... La célébration du 1er novembre 1954 fut longtemps placée sous les signes des armes et la symbolique de la violence armée. Les premières commémorations furent ainsi celles de défilés militaires et ont consacré de fait «fête de la révolution» le 1er novembre. Le rituel qui l'accompagne (dépôt de gerbes par le chef de l’État, réception officielle au palais du peuple) lui confère un quasi statut de fête nationale. Ce qui n’est pas le cas au plan formel du calendrier des fêtes légales en Algérie. Il convient de prendre toutes ces données pour ce qu’elles sont, le signe patent d’une volonté de contrôler le passé et particulièrement la séquence complexe et sensible de la guerre d’indépendance. Ce contrôle, qui a longtemps requis les outils de la répression et ceux des médias de masse apparait comme consubstantiel à la nature autoritaire du régime qui s’assure du pouvoir au terme de la sanglante crise de l’été 1962. Au moment ou plusieurs facteurs concourent au retour critique sur ce passé il est nécessaire de noter que l’une des questions les plus lourdes et les plus difficiles à traiter demeure celle du sourd consentement des Algériens aux manipulations, aux occultations et aux mensonges. De ce point de vue, la journée du 5 juillet reste celle d’une insoutenable forfaiture.

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